L'Autriche signe un tournant dans notre voyage. Nous laissons derrière nous l'été qui jouait les prolongations le long de la côte adriatique et entrons, presque sans transition, dans la fraicheur hivernale.
En quittant le littoral méditerranéen, nous montons vers les forêts d'Europe centrale qui, parées de leurs plus belles couleurs, décorent joliment la route. Le paysage change et devient souvent mystérieux, à la tombée de la nuit, ou le matin, quand le brouillard nappe encore l'horizon. Une fois sortis des grands axes, les petits chemins semblent enfouis sous l'épais tapis de feuilles rousses et dorées. Le sol est spongieux et nous devons dorénavant être prudents quand on s'enfonce hors des sentiers battus : Jumpy est une belle bête qui rame parfois un peu... Qui est gros? Personne n'est gros! (il lui faudra 5 paires de gros bras musclés pour le sortir d'une mauvaise passe à Vienne).
Shorts, tongs et maillots laissent donc place aux bonnets, collants, et autre bouillotte. Changement d'ambiance ! On retrouve Laurie à Vienne pour partager avec elle un morceau du périple. Jumpy est extensible et, à trois, on se tiendra bien chaud dans notre carapace de tortue.
Comme Gaëlle et Cyril en leur temps, nous avons droit à une valise débordant de gourmandises réjouissantes et revigorantes, de plaisirs français et provençaux, de pensées amicales et familiales, de petits mots doux et inventifs. 13 kilos d'amour assurément !
Vienne nous dévoile son histoire à chaque coin de rue. Les monuments baroques, les palais des Habsbourg, les jardins du Belvédère, les églises rococo perpétuent la puissance et la gloire qui régna sur la ville durant des siècles. On pourrait croire à une architecture un peu trop pompeuse, à des rues trop droites et des immeubles trop grands, à des valses trop classiques, mais... les cafés viennois où on prend le temps de penser, le Naschmarkt dont les étals délicieusement cosmopolites nous permettent de faire découvrir à Laurie quelques spécialités rencontrées sur notre route, les lumières du Prater, un des parcs d'attraction le plus fameux du monde nous éloignent de l'ambiance bourgeoise qu'on aurait pu craindre. Audace et créativité sont de mise, dans cette capitale citée en tête du classement mondial pour sa qualité de vie.
Avec les sœurs Vanel, impossible pour Pierre d'échapper au mythe de Sissi décortiqué dans son musée où belles robes et appartements impériaux nous projettent en enfance.
Au musée du Belvédère, on plonge dans la peinture au fil du temps, et découvrons surtout les oeuvres les plus célèbres de Klimt, Le Baiser est en effet étincelant de grâce... Dans le centre, les boutiques de luxe brillent de milles feux à la nuit tombée et la cathédrale Saint Étienne impose sa façade gothique.
On quitte ensuite le tumulte de la ville et le confort du camping pour une immersion sauvage sur les rives du Danube (pas si bleu qu'on ne le dit...). La vallée de la Wachau est jalonnée de petits villages charmants, de collines vertes aux pentes douces, de vignobles qui descendent en terrasse.
A Durnstein, on grimpe sur les ruines du château où fut prisonnier Richard Cœur de Lion plusieurs mois. A Melk, l'abbaye est un exemple époustouflant du baroque flamboyant, riposte à la sobriété du protestantisme et de la Réforme : l'église déborde tellement de dorures et de décorations chargées qu'on se demande comment Dieu n'en n'a pas la nausée...
On suit le fil de l'eau comme un fil rouge jusqu'à Linz, grande ville commerçante et dynamique. Ici, les vitrines sont déjà parées pour Noël, et avec les odeurs de vin chaud, de marrons grillés dans la rue en plus des bonnets sur la tête, c'est vrai qu'il y a déjà comme un air de décembre.
Quelle poésie, il y a de la relève pour "les guides du routard" ! Que de bons moments passés ensemble, du bonheur ! Encore merci de vous être plié en quatre (mes : "je sais pas", "comme vous voulez", "ça m'est égal" et moi) pour moi ! La bise à Jumpy. Laurie
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