Nous avançons dans notre traversée des pays baltes, et l'échelle de nos cartes change. Les 3 pays réunis représentent en effet moins d'un tiers de la France métropolitaine. Tout est donc proche, à coup de Jumpy, surveillé par les nombreuses cigognes perchées un peu partout.
On a d'abord un peu honte en franchissant la frontière lettone, car dans nos guides, il est écrit qu'on paye en lats. Alors qu'on n'a pas encore de monnaie locale, on achète un permis de pêche pour Pierre à la première office de tourisme croisée, et on est tout surpris qu'ils acceptent les euros. Puis, on trouve un distributeur, qui... nous donne des euros. On est fixé à la supérette : en fait, ils ont l'euro ! Depuis le 1er janvier 2014. Nos guides sont à la bourre : l'Europe avance ! Pour la Lituanie par contre, ça sera pour janvier 2015. (Par contre, au distributeur, le montant minimum de retrait, c'est 5 €, imaginez le coup de la vie)
Immersion au coeur de l'héritage soviétique à Ligatne où nous visitons le bunker top secret de la Lettonie soviétique. Construit sous un établissement thérapeutique de cures - constituant la couverture et fonctionnant toujours par ailleurs, il aurait pu mettre à l'abri 250 personnes triées sur le volet (élite du Parti Soviétique Letton) en cas de guerre nucléaire, et ce pour une durée de 3 mois en totale autarcie. Actif de 1982 à 1991, il n'aura servi qu'une fois, 4 jours, pour un exercice... mais a constitué un haut lieu stratégique de la Soviet Latvia. Visite impressionnante, 9 mètres sous terre, dans des couloirs témoins d'une histoire qui nous dépasse.
Et pour l'anecdote, pour faire aujourd'hui rentrer des sous dans les caisses de l'Etat, on peut privatiser le bunker pour y fêter son anniversaire, participer à un jeux de rôle grandeur nature (Qui fait les allemands ? Qui les russes ?), ou déguster un repas soviétique dans la cantine... "Surprise your friends" clame le prospectus : bizarre, non ?
A Riga, rues pavées, héritage médiéval, façades Art Nouveau : beau mélange des genres. Sur le parvis de l'hôtel de ville, devant le bloc noir soviétique accueillant aujourd'hui le musée de l'occupation, les escargots colorés de la capitale européenne de la culture 2014 avancent doucement, mais sûrement. Sans complètement occulter le passé - devoir de mémoire oblige, ils marchent cependant vers l'avenir, résolument tournés vers l'Europe.
Au parc national de Kemeri, nous retrouvons les paysages de marais découverts en Estonie. Sur cette terre-éponge, les arbres ne peuvent se développer correctement, et deviennent de vrais bonzais. Ils font 50 cm de hauteur, et peuvent pourtant être centenaires ! On se sent géants, quand on a eu l'habitude de circuler au milieu de pins de plusieurs dizaines de mètres.
Nous nous retrouvons ensuite à la forêt de Pokaini. La concentration d'énergies (sur)naturelles serait importante ici, particulièrement sur les "pierres magiques", où se multiplient offrandes, prières et cérémonies. Les fées, les sorcières, et autres esprits de la forêt resteront cachés à nos yeux certainement un peu trop septiques...
Ayant été moi-même un troll - une pierre magique couverte d'un manteau de gazon - durant une petite matinée, je ne comprends vraiment pas votre scepticisme ! Mais comme vous, de nombreuses âmes n'ont pas compris ce type de magie, nous avons été pour eux : des lutins, souris, monstres ou autres trucs. Lison, tu connais l'incompréhension de nos chars face au reste du monde !
RépondreSupprimerGros bisous à tous les deux ! (PS: mémé est très heureuse de savoir que vous mangez bien !)
Laurie